Home
Marion's Dream
Au royame du rêve, les voyageurs sont rois
[Livres] "Love & Pop" et "Tokyo Sanpô" 

Advertisement

Customize
28th-Apr-2009 11:44 am
printemps
Parmi mes lectures, deux concernaient le Japon. L'une était un roman de Ryu Murakami et l'autre un carnet de voyage d'un jeune Français.

                                           

Love & Pop traite d’une forme de prostitution propre au Japon : par l’intermédiaire de messageries téléphoniques, de jeunes lycéennes acceptent des rendez-vous avec des inconnus pour pouvoir s’acheter des produits de marque. Le roman raconte la journée d’une jeune fille qui, désirant absolument s’offrir la topaze aperçue dans la vitrine d’un bijoutier, accepte coup sur coup deux rendez-vous avec des hommes. Mais les rencontres ne vont pas se passer comme elle l’avait prévu…

Love  & Pop fait plonger dans l'univers glauque de l'enjo kosai, cette sorte de prostitution que pratiquent les jeunes collégiennes et lycéennes japonaises, afin, le plus souvent, de s'offrir des vêtements, bijoux et autres produits de marque. C'est même devenu un véritable phénomène de société et, qu'il y ait ou non des rapports sexuels, cela ne manque pas de faire frémir... d'autant qu'il s'agit de filles mineures... Mais il faut bien dire qu'au Japon la législation reste assez souple, voire nébuleuse, en matière de prostitution.
Le roman de Ryu Murakami, qui a déjà traité de ce sujet dans une nouvelle et dans un film, s'articule autour de cette journée passée par par une toute jeune lycéenne
dans le quartier de Shibuya, où elle a rendez-vous avec trois amies, lesquelles pratiquent également l'enjo kosai, depuis son réveil jusqu'au moment où elle retourne chez elle le soir pour se coucher. Confidente idéale, elle sait que certaines ont déjà été "jusqu'au bout", mais elle-même n'a jamais vraiment été au fond de cette pratique. Son désir obsessionnel vis à vis d'une jolie bague la conduit petit à petit aux limites... Et si tout commence plutôt bien, on peut dire que la suite glisse insidieusement vers le pire...
Le style peut désorienter de prime abord. Les pensées de Hiromi se m^lent aux conversations et aux bruits ambiants, s'affichant souvent au premier plan, un peu comme lorsqu'on marche ou qu'on patiente en captant des bribes de ce qui se dit autour de nous, mais sans vraiment s'y attarder. Il est quelquefois difficile de savoir où on en est, quand s'arrêtent les extraits radiophoniques, télévisés, les paroles des passants ou les commentaires des copines, car tout se suit sans marquer de véritable pause. Ce côté "warholien" est clairement revendiqué par l'auteure t confère quelque chose de spécial à l'ouvrage.
L'histoire se déroule sans à coup et montre les tréfonds d'une pratique qui paraît bien malsaine. Montrant qu'il s'est renseigné sur la question, Murakami transcrit des exemples de messages laissés sur les messageries téléphoniques (mais ce n'est pas du téléphone rose) et il faut bien dire qu'un certain malaise s'installe en les lisant. Le récit permet d'avoir des extraits des propositions laissées aussi bien par des hommes que par des jeunes filles (ou quelquefois des femmes mûres)...  Leur transcirption est faite de telle façon qu'on a l'impression d'écouter des annonces dans un hall de gare, comme si c'était banalisé. Ca donne des frissons. Exemple :
"Nous recrutons un papa en ce moment ! Si quelqu'un veut bien nous rencontrer une à trois fois par semaine... mais pas de sexe ! On préférerait quelqu'un de plus de 35 ans si possible. Nous sommes deux lycéennes de 16 ans. Nous tenons nos promesses et savons êtres discrètes. A bientôt. Euh, non, c'est tout, c'était de la part de Yuriko et Mami.
Enregistré aujourd'hui, à 12 heures 26 minutes. Message suivant, je vous prie.
Je suis Megumi, étudiante dans une école spécialisée. Je cherche quelqu'un pour un rendez-vous arrangé. Si ça vous tente, laissez-moi un message. Si possible, j'aimerais vous voir avant le 9 août, dépêchez-vous, s'il vous plaît. Au revoir.
Enregistré aujourd'hui, à 12 heures 30 minutes. Message suivant, je vous prie."
Edifiante lecture, en tous cas !!
 
                                  

L'autre ouvrage aux couleurs japonaises, c'est Tokyo Sanpô, de Florent Chavouet, dont vous pouvez voir des extraits en cliquant sur ce lien.


Voici un guide de voyage dans Tokyo qui ne ressemble à aucun autre ! Partir à la découverte de Tokyo, le nez au ras du trottoir et l’œil à l’affût, arpenter le bitume à hauteur d’homme et saisir les instants fugitifs, saugrenus et si caractéristiques dans leur étrangeté de la capitale du Japon. Avec pour seuls outils et compagnons les plus fidèles, une bicyclette, une chaise pliante de pêcheur, et bien sûr des crayons de couleur.
Chaque chapitre s’organise autour d’un quartier, avec sa carte et son koban, autrement dit son commissariat, aux architectures plutôt délirantes.Un humour décapant et un coup de crayon talentueux qui nous entraînent dans un Tokyo surprenant au gré d’une humeur vagabonde et d’un esprit curieux.
« A mon retour en France, on m’a demandé si c’était bien la Chine. Ce à quoi j’ai répondu que les japonais, en tous cas, y étaient très accueillants »

La présentation de l'éditeur, Philippe Picquier, dit tout. Il s'agit d'un carnet de voyage qui fait office de guide dans différents quartiers de la capitale nippone, découverte, au gré de ses envies, par l'auteur qui accompagnait son amie durant son stage de 6 mois au Japon.
Chaque chapitre commence par une carte dessinée du quartier visité, ou dans lequel F. Chavouet avait ses habitudes, et prend pour point de repaire le "koban", autrement dit le commissariat local. L'auteur croque tout ce qu'il voit, lui paraît insolite, ou amusant. Ca peut être les passants, croqués depuis son siège pliant ou depuis un café, ou encore des bâtisses originales ou qui ont été le lieu de quelques rencontres singulières. Parfois, il reproduit les étiquettes des fruits, des produits qu'il achète ou même de la monnaire japonaise.
Les commentaires sont plein d'humour et m'ont maintes fois fait sourire. L'un des passages est succulent ; il s'agit de sa petite séance d'interrogatoire dans un commissariat nippon, qui semble tout droit sorti d'un de nos vieux films français ^^
Les crayons de couleurs, utilisés ici, confèrent un petit coté "cahier d'écolier" à l'ensemble, qui n'a pas été pour me déplaire.
A découvrir ^^
 

Advertisement

Customize
This page was loaded Jan 7th 2010, 11:02 pm GMT.