| Samedi midi, Julien m'a récupérée à la sortie du travail et nous avons pris la direction des Ardennes. Profitant de l'achat de BD à un particulier mais aussi pour fêter son nouveau travail, il nous avait réservé un petit week-end gastronomique à Bouillon (oui, oui, chez le fameux Godefroy). De quoi nous changer les idées et nous accorder un vrai moment ensemble ailleurs que dans la famille ou à la maison.Après les longs plats des Flandres, c'était merveilleux d'entrer dans les collines et monts ardennais, couronnés de forêts, ce qui nous a agréablement changé de notre environnement urbain quotidien. Si dame GPS semblait vouloir à tout prix nous emmener dans des chemins de campagne, nous sommes quand même arrivés à bon port dans la "rue Au-dessus de la ville" (panneau à l'appui, je n'invente rien ^^) où était situé notre hôtel, le Panorama. Et question de panorama, nous avons été servis puisque notre chambre donnait sur la ville de Bouillon, en contrebas.

Notre bagage posé, les renseignements pris pour le dîner du soir, nous sommes descendus en ville par une série de petits escaliers en paliers , pour arriver à une petite place située en face du pont enjambant la Semois et permettant d'aller au musée ducal, à la caserne Vauban et au château. Nous projetions de faire l'une ou l'autre des balades pédestres proposées (mais le temps a été contre nous dimanche) et nous avons pris quelques renseignements à l'office du tourisme. Nous avons ensuite fait un tour en ville, en découvrant quelques alléchantes charcuteries (nous sommes rentrés avec quelques bons saucissons ardennais ^^) et quelques bières locales que Julien partagera sans doute avec son frère et Jean-Marc. Après un passage près de l'église et de la caserne Vauban, nous avons emprunté une ruelle ancienne tapie entre quelques maisons et menant vers un parking près du château. Là, comme il était déjà 17h, nous n'avons pas pu visiter, mais nous avons pris quelques photos des environs, parmi lesquels une statue en pierre de Godefroy de Bouillon, et, en redescendant vers la rivière, des murs imposants du bastion. Cette descente s'est effectuée par un petit chemin un rien glissant mais qui nous a permis d'avoir un bel aperçu de la difficulté à prendre la forteresse.
Nous nous sommes ensuite régalés d'une gauffre liégeoise absolument délicieuse, puis, tranquillement, nous avons repris le chemin de l'hôtel, après quelques détours en ville. Là, nous n'avons pas pris les escaliers comme à l'aller, mais nous avons fait le grand tour et, il faut bien dire, que nous sommes rentrés fatigués de cette montée-là ^^ A partir de 19h00, le dîner gastonomique était servi et, après un bain relaxant, nous sommes descendus au restaurant de l'hôtel. Notre table nous attendait ainsi que le menu pour le moins alléchant et composé de six services.En entrée : Marbré de foie gras de canard et suprême de faisan avec chutney de betteraves rouges et poivre noir, accompagné d'un vin de pays des côtes de Gascogne" domaine Laguille" 2005. En entremet : Gratin de homard bisqué au citron confit, sur sa poêlée de salsifis. En plat : Dos de bar et gamba, farigoule de légumes au jus émulsionné au thym, accompagné d'un Graves blanc "Alliage" de Sichel 2007. Sorbet à l'orange et cannelle. En second plat : Filet mignon de "Lomo Iberico" servi sur un risotto à l'huile de truffe, shiitakes et asperges, accompagné d'un Haut Médoc "Château portal vignoble Nony 2003. En dessert : Délice choco-noisettes.Nous avons bien dîné, en savourant chaque plat, puis, après un petit café pour moi et un amaretto pour Julien, nous sommes allés nous reposer et profiter de notre chambre. Le lendemain matin, après un bon petit-déjeuner occidental, pourvu de bon pain et de savoureux pains au chocolat (dommage qu'ils aient été si vite épuisés !), nous sommes sortis, direction le château que nous voulions visité. Il pleuvait et faute de parapluie, nous avons été quelque peu trempés en chemin, mais cela n'était pas bien terrible en regard des belles et instructives choses que nous avons vues. En revanche, cette pluie persistante a fait tourner court nos projets de balades dans les bois (faute d'équipement) et a empêché l'animation prévue au château de se tenir, à savoir, un ballet de rapaces. Passés les deux ponts-levis et la herse, on arrive près d'un mini corps de garde et d'un troisième pont-levis empierré en 1686, surmonté par un escalier attribué à Vauban. La visite se poursuit en empruntant un escalier assez raide qui conduit à la salle dite "primitive", 'lune des plus anciennes du château (XIIE siècle) et caractéristique en raison de l'épaisseur de ses murs. On peut y voir les blasons des possesseurs successifs de la forteresse, à savoir, la principauté de Liège, puis celle de La Marck, l'écusson de la Tour d'Auvergne et celui de Guillaume 1er, roi de Hollande, encadrés par le blason de boullon, et le Lion de Belgique. On pénètre ensuite dans la salle Godefroid de Bouillon, taillée en plein roc, et typiquement médiévale avec sa voûte semi-gothique. Une poterne dérobée et un poste de guetteur double permettent d'avoir un premier aperçu du système de défense. Une grande croix logée dans une entaille à même le sol attire l'oeil et distille une part de mystère. Dans cette même salle, une représentation du départ pour la première croisade ainsi qu'une carte des Croisades permettent d'avoir une idée de l'ambiance lors de cet évènement et de l'ampleur de cette conquête de la Terre Sainte. Des explications fournies sur les raisons et l'histoire des croisades instruisent correctement le néophytes. En sortant de la salle primitive, on passe devant des cachots "hollandais" qui servaient à la détention des soldats punis de la garnison. Ni une ni deux, Julien a évidemment pris place derrière la solide porte en bois ^^ Un escalier fait descendre ensuite dans la Cour d'honneur, où s'élevait autrefois la demeure seigneuriale, mais occupée aujourd'hui par quelques cabanes à rapaces et l'estrade utilisée lors de l'animation du "ballet des rapaces". Un petit tour sur le chemin de ronde donne une bonne idée de la position stratégique du château, de son système de défense et de l'ingéniosité des défenseurs. De remarquables meurtrières à 3 directions et 2 étages époustouflent par la vue qu'on y découvre en contrebas et l'astuce qui consiste à donner 6 angles de tirs différents à l'archer.
De l'autre côté de la cour, se dresse la tour de l'horloge et, juste à côté, une tour flanquante abritait la grande poudrière aménagée sous Louis XIV et restaurée par les Hollandais. A droite de la tour de l'horloge, une autre tour, dite "d'Autriche" avait été aménagée en canonière au XVIe siècle. A l'intérieur, un petit chemin escarpé taillé dans le roc, et qui suintait lors de notre passage, conduit à ce qu'on appelle "Le fauteuil de Godefroid de Bouillon" qui était en fait un poste d'observation, très ancien, qui permettait aux guetteurs de surveiller les routes de Liège et de France. Sans savoir qu'une légende affirmant que les jeuens filles qui s'y asseoient se marieront dans le cours de l'année, je me suis assise innocemment dessus ^^.Depuis la tour d'Autriche, on a une très bonne vue de l'ensemble du château et de l'extérieur. Après ça, on continue dans un dédale de couloirs et de salles plus ou moins grandes, en passant en particulier dans les sous-sols. Avant d'y accéder, on passe devant une échauguette de l'époque de Louis XV, donnant sur l'arrière de la forteresse, et un terre-plein attenant permettait l'installation d'un canon. Non loin, une série de machicoulis rappelle que les défenseurs pouvaient faire pleuvoir pierres, huile bouillante ou plomb fondu sur leurs assaillants. Tout près, une cheminée d'aération faisait office de porte-voix et il est vrai que le système était efficace ! Dans les sous-sols, on visite la salle "des tortures" où les armuriers entretenaient et réparaient les armes de la garnison et où sont aujourdh'ui exposés divers instruments de torture, parmi lesquels une presse gauffrée, une échelle servant à l'élongation, un treuil pourvu à son extrémité d'une énorme pierre, une table à supplice munie de rouleaux hérissés de pointes. A la sortie, se trouvait le gibet des pendus. Toute proche, une cave profonde aurait servi d'oubliette. Taillée dans le roc, elle n'a pour toute issue qu'une grille placée à 6m de hauteur. après ça, on découvre une prison sombre et humide à peine éclairée par une mlinusule cheminée oblique. Ensuite, il faut emprunter un escalier raide pour descendre dans un couloir long de 82m qui conduit à une citerne de 100m2 de superficie, dans laquelle on peut voir une eau d'une grande pureté. A quelques mètres de là, des boulets de 80kg donnent une idée des projectiles qui étaient éjectés des canons vus sur le chemin de ronde. Enfin, après une série de salles fermées par des grilles, dont l'une restitue l'antre d'un alchimiste, on accède au puits creusé dans le roc et profonde de 24m. C'est ici que s'achève la visite.Nous sommes ensuite retournés à l'hôtel pour la "collation" qui s'est révélées être un véritable déjeuner avec entrée, plat principal et dessert. Encore une fois, le service était parfait et les plats délicieux.En entrée : Jambon d'Ardenne sur salade frisée En plat principal : Filet de volaille braisée sur lit de légumes de saison accompagnés de son risotto. En dessert : Tiramisu.
Après ce déjeuner, nous avons repris la route et sommes allés voir le "Tombeau du Géant" à Botassart. Madame GPS était de nouveau décidée à nous faire emprunter quelques chemins caillouteux et il a fallu rusé pour qu'elle ne nous y mène pas systématiquement. C'était très chouette de rouler au milieu de la forêt, en voyant parfois couler un petit ruisseau. Et le site du "Tombeau du géant" valait vraiment la peine d'être vu.

Après cela, nous avons fait route vers Les Hayons et la Ferme des Fées que je voulais absolument voir tant la brochure de présentation était alléchante. Hélas, nous avons trouvé porte close et nous sommes donc rentrés à Anvers, non sans jouir encore du paysage forestier environnant et en ayant droit à une éclaircie bienvenue.
En résumé, un très bon week-end, reposant et plein de charmes, malgré la pluie. |
merci pour la balade... Ysandre en voyant Julien a dit "c'est golo" comprendre donc c'est rigolo ... voilà au moins une qui a aimé la blague! ^-^
sinon ton tombeau du géant il fait un peu ancienne place d'un chateau-fort... c'est ça ou pas ?
karine